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C'est un film
jubilatoire ! Qu'est-ce qu'un film jubilatoire ? C'est.......
J'aime le cinéma.
D'un grand, d'un très grand amour. J'aime aussi
Cannes, de tout mon coeur. J'y suis allé en tant que journaliste,
éditeur, distributeur, producteur, acheteur, vendeur, communicateur.
Ce que j'aime
par dessus tout à Cannes, c'est de pénétrer dans
une salle pour y découvrir un film dont je ne sais rien,
à part le titre bien sûr, et d'en ressortir le coeur
battant la chamade, l'esprit en feu, les yeux en pleurs et le sourire
aux lèvres. Oui oui, tout ça à la fois.
C'est, à
ce moment là, le bonheur d'avoir vécu "quelque
chose" de très intense, de très précieux,
et dont on sait qu'il va vous marquer pour le restant de votre vie.
En bien ! Qu'il va vous
rendre plus fort et plus généreux.
Le problème
c'est qu'en écrivant ces lignes, j'aurais tendance à
penser plutôt. "C'était ça. Cannes pour
moi". Depuis 5 ans
? 7 ans ? (10 peut-être déjà.), il m'a semblé
que les films présentés étaient devenus de
plus en plus sombres, de plus en plus graves, austères, violents.
Reflets de notre
époque ? C'est ce que
j'ai lu souvent à droite et à gauche. et que je n'arrive
pas à croire.
Je crois que
cette "foule sentimentale" chantée par Souchon,
dont je m'estime faire intimement partie, a un besoin vital de chaleur
humaine et de joie de la part de ses artistes et créateurs. Pas toujours.
Pas béatement. Pas bêtement. Mais quand même
un peu plus souvent.
Je me suis dis
un temps que ça venait peut-être de moi ce malaise.
Que je n'étais plus "in the mood". Mais à
l'évidence : je n'étais pas le seul. Les discussions
passionnées que nous avions le bonheur d'avoir, entre amis
ou avec des spectateurs inconnus, au sortir des projections, ont
été progressivement remplacées ces dernières
années par les visages atterrés, des yeux levés
au ciel et une ou deux phrases expéditives.
Alors j'ai eu
envie de me "déconditionner" et de créer
un festival "de films qui font du bien" ! Pour respirer
! Pour faire pendant à l'austérité et à
la gravité qui sévissent actuellement.
Car dans les
festivals en général, à
côté des oeuvres présentées, certes de grande qualité
mais le plus souvent d'un pessimisme noir, naissent chaque année
de par le monde de petites perles jubilatoires qui, elles, témoignent
de la vivacité, de l'humour, du courage et de la joie de
vivre des habitants de cette planète - même dans des
conditions difficiles - je dirais presque surtout dans des conditions
difficiles...
Et ces oeuvres
là, qui sont d'une importance vitale pour notre moral et
donc notre santé, j'ai envie aujourd'hui de les glorifier
au même titre que les autres chefs d'oeuvres du cinéma
afin que les auteurs, réalisateurs et producteurs comprennent
qu'il y a de la noblesse à nous inventer ce genre de films
là !
Des films qui
savent mélanger le rire au fantastique, l'émotion
à l'action, le rythme à l'humanité ! Des films qui
savent dénicher et montrer de la générosité
au milieu d'une action débridée, de l'humanisme au
coeur d'une mondialisation effrénée, de la loufoquerie
et de l'émotion face à une terrifiante absurdité
et faire d'un spectacle cinématographique un énorme
clin d'oeil à la vie.
Des films qui
n'ont pas peur de rire face aux angoisses du monde. Des films qui
assument leur légèreté et leur joie de vivre
!
Ceux là
même que j'appelle : les Films Bonheur.
Jean-Claude Guerrero jcguerrero@filmsbonheur.com
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