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LE ROMAN D'UN TRICHEUR
FILM BONHEUR
18 sept. 1936

LE ROMAN D'UN TRICHEUR
JE (ME) L'OFFRE !

JE (ME) L'OFFRE !

LE ROMAN D'UN TRICHEUR
Un homme, depuis son enfance, n'a qu'une seule ambition, devenir riche. Pour cela il a decide de devenir tricheur et voleur professionnel. A douze ans, il survit a l'empoisonnement collectif dans lequel perit sa famille: pour avoir vole des champignons, il avait ete puni et n'avait pas pu en manger...
Etre riche ce n'est pas avoir de l'argent, c'est en dépenser. 

Réalisateur

Sacha Guitry

Actrices et acteurs principaux

  • Sacha Guitry
  • Jacqueline Delubac
  • Marguerite Moreno

Nationalité

France

Bande

Annonce



C'EST

VOTRE FILM BONHEUR


Un film ! Quel choix ! Quelle épreuve et quel déchirement !
Je ne parle pas des petits bonheurs. Quelle hérésie !
Les bonheurs au cinéma comme les cigares, les orgasmes ou les pourboires doivent être grands !
Et de grands bonheurs j'en ai connu, "Sunset Boulevard", "Les Ensorcelés", "Horizons perdus", "Mines de rien", "Une question de vie ou de mort", "Tueurs de dames", "Un singe en hiver", "Quadrille", "Le dictateur", "Le Kid" ou "Aventure à Manhattan". 
Après une longue hésitation j'ai décidé de choisir "Le Roman d'un tricheur" de Sacha Guitry.
Evidemment on aura beau jeu d'affirmer que comme Voltaire, Frédéric Dard, Gérard Oberlé, Ben Johnson, Rabelais ou Anatole France, Guitry est une de mes idoles en littérature.
Son avantage sur les sus nommés c'est qu'il est également une de mes idoles au Cinéma.
Le comédien malgré ses cabotinages me séduit, mais surtout le réalisateur m'enchante
Les films de Guitry méritant l'appellation « film bonheur » sont nombreux.
"Désiré", "Mon père avait raison", "Le trésor de Cantenac", "Le diable boiteux", "Les perles de la couronne", "Quadrille", "Faisons un rêve" entre autres.
Mais j'ai une tendresse particulière pour "Le roman d'un tricheur"
Sans doute parce que je suis un joueur repenti, un mécréant qui doute de la justice et ne croit que modérément à la vertu des lois, mais surtout un rêveur invétéré.
Je résume, parce qu'il a volé huit sous dans la caisse de l'épicerie familiale, par punition un jeune garçon est privé de déguster au dîner les champignons qu'il a cueilli.
Il voit mourir empoisonné par les produits mycologiques l'ensemble de sa famille.
« Oui, j'étais vivant parce que j'avais volé. De là à en conclure que les autres étaient morts parce qu'ils étaient honnêtes. Et, ce soir là, m'endormant seul dans la maison déserte, je me suis fait sur la justice et sur le vol, une opinion peut-être un peu paradoxale, mais que quarante ans d'expérience n'ont pas modifiée ». 
Cette seule phrase au début du film suffirait à faire mon bonheur.
En fait, Guitry avec ce film réinvente le film muet. 
Car ce n'est pas un découpage en séquences dialoguées de son roman, mais une mise en image du texte original.
Le tricheur (narrateur) raconte sa vie, mais les personnages agissant en fonction de ce qu'il nous dira, ne prononceront aucune parole - à l'exclusion de trois répliques a la fin du film.
Ceci va donner un résultat ahurissant pour l'époque et les critiques d'alors tout en saluant la réalisation, hésiteront entre film muet sonorisé et monologue illustré.
En réalité le film est tout cela à la fois, et bien plus encore, car le talent du conteur, la qualité des images choisies et la force de cette voix sont telles que les spectateurs croiront avoir entendu un film dialogué.
L'accord de la caméra avec ce texte parfait est une réussite que, seul, un auteur pouvait réaliser à partir de sa propre création, venant souligner encore le cynisme aimable, les pirouettes désinvoltes, l'ironie et la gaieté du livre.
L'autre grande astuce de la réalisation tient au savant mélange de pure fiction avec des images documentaires - réelles ou factices - qui confèrent un caractère « réaliste » à ce conte fantaisiste.
La leçon du « Roman d'un tricheur » réside tout simplement en ceci que la vie est un songe (dixit Shakespeare) et que tout doit être tenté pour ne pas transformer ce rêve en cauchemar.
On utilisera les masques offerts par la société, trouvant ainsi par la grâce du jeu sous toutes ses formes ce que peut être le bonheur à l'échelle humaine.
Je ne peux pas conclure sans citer cette phrase du narrateur :
« Etre riche ce n'est pas avoir de l'argent, c'est en dépenser. L'argent n'a de valeur que quand il sort de votre poche. Il n'en a pas quand il y entre. A quoi peut-il servir quand vous l'avez sur vous ? Je sais des gens qui possèdent sept ou huit mille livres de rentes et qui n'en dépensent pas le quart. Je les considère d'abord comme des imbéciles et un peu comme des malhonnêtes gens aussi. L'homme qui thésaurise brise la cadence de la vie en interrompant la circulation monétaire. Il n'en a pas le droit. »
Cela date de 1936 !!! 
Je vais interroger mon banquier sur la pertinence de ce propos.
Voilà j'espère n'avoir pas été trop long, mais je me suis vraiment retenu.

Gérard Baqué

Saint-Jammes


Affiche

LE ROMAN D'UN TRICHEUR


LE ROMAN D'UN TRICHEUR




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